Poème
Chasseurs
Amour connaît toujours cet art Qui fit ruisseler tant de larmes. Cependant, il est en retard, Du moins sous le rapport des armes. En de nombreux départements Voici que la chasse est ouverte, Et livre à leurs déportements Les chasseurs, dans la forêt verte. Adonis jamais amoindris, Brûlés des plus ardentes fièvres, Ils vont massacrer les perdrix Et mettre à mort beaucoup de lièvres. Jolis des premiers aux derniers, Ils ont, en leurs façons coquettes, De très agréables carniers Et de gracieuses casquettes. Les ruisseaux, comme des miroirs, Orgueilleusement les reflètent, Et leurs chiens, blancs, jaunes et noirs Leur vont très bien et les complètent. Leurs solides et clairs fusils Où le confort anglais respire, Ont été dans Londres choisis: Cela fait plaisir à Shakspere. Ils marchent, d'un air élégant. Leurs guêtres, qu'on achète rue De Richelieu, vont comme un gant, Et charment la foule accourue. Tous équipés au goût du jour, Ils sont venus dans leurs calèches, Excepté le chasseur Amour, Qui n'a que son arc et ses flèches. 8 septembre 1888.
Commentaires (1)
Loin des chasseurs ----------- Plus de péril, déserte est la campagne, Ailleurs s’en vont ces primates fautifs ; Rapide fut leur élan fugitif, Rassurés sont nos fils et nos compagnes. Terre sans l’Homme est Pays de Cocagne, C’en est fini pour nous des jours craintifs ; Tu n’entendras aucun soupir plaintif, Paisibles sont la plaine et la montagne. Fin des humains ! Ce n’est pas malheureux Eux qui du monde ont gâché la beauté, Eux dont la vie était ignoble et vaine. Nul animal ne fut si dangereux, Nul ne fut tant expert en cruauté ; Noir fut le sang qui coulait en leurs veines.
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