Poème
Chacun le mieus qu'il peut souffre en l'hostellerie...
Mespris de la vie et consolation contre la mort
Chacun le mieus qu’il peut souffre en l’hostellerie Les incommoditez d’une mauvaise nuit, Resou de s’en aller au premier jour qui suit, Dormir en sa maison sans crainte et fascherie. Endure constamment la haine et la furie, Les tavaus et tourment de ce monde seduit, Sçachant bien que demain tu vivras en desduit En la cité de Dieu, recou de Samarie. Voyagers comme toy, tes peres ont esté, Forains comme tu es devant la majesté Du grand moderateur de nostre destinee. Par tant, si le travail du chemin t’est fascheus, Ne desespere point du salut bien-heureus, Bien tost tu parviendras au bout de ta journee.
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