Poème
C'était ores, c'était qu'à moi je devais vivre
C'était ores, c'était qu'à moi je devais vivre, Sans vouloir être plus que cela que je suis, Et qu'heureux je devais de ce peu que je puis Vivre content du bien de la plume et du livre. Mais il n'a plu aux dieux me permettre de suivre Ma jeune liberté, ni faire que depuis Je vécusse aussi franc de travaux et d'ennuis, Comme d'ambition j'étais franc et délivre. Il ne leur a pas plu qu'en ma vieille saison Je susse quel bien c'est de vivre en sa maison, De vivre entre les siens sans crainte et sans envie : Il leur a plu (hélas) qu'à ce bord étranger Je visse ma franchise en prison se changer, Et la fleur de mes ans en l'hiver de ma vie.
Commentaires (6)
Du Bellay, dont le chant nous montre un art de vivre, Combien, pour mes sonnets, redevable te suis ! Et te le dire à toi, certes, je ne le puis ; Mais à tous ceux qui font louange de tes livres. * Que de plaisir j'éprouve à t'apprendre et te suivre ! Ce m'est breuvage issu d'un rafraîchissant puits. Je consomme ton oeuvre, oubliant mes ennuis, Du sombre quotidien tes couleurs me délivrent. * Devenu rimailleur en ma vieille saison, Pour cultiver ce don, je reste en ma maison, Car les explorations ne me font plus envie. * Ce temps qui est le tien, il m'est moins étranger Que le siècle présent, que je ne puis changer. Merci pour ta visite en l'hiver de ma vie ! * * * http://www.lesmotsenfolie.net/t1984-c-etait-dehors#10877
Beau, ce commentaire, Cochonfucius!
Merci du compliment.
[...] une réponse, il la veut bien choisie, Et dit, se reprenant de son saisissement : « Monseigneur, ma visite était de courtoisie. » Rate this:Share this:EmailShare on TumblrLike this:Like [...]
Vigne d'or ---------- Griffon d’argent, la vigne est ta raison de vivre : Aussi, ne t’en fais pas, sur ce plan, je te suis. Un vignoble, un figuier, une cabane, un puits, Ce peu d’installations du souci nous délivre. Du roi des animaux, qui peut la trace suivre ? D’autres le tenteront ; pour moi, je ne le puis, Car s’approcher d’un roi ne vaut que des ennuis, (C’est probablement vrai, je l’ai lu dans un livre.) En ma fin de carrière, en ma vieille saison, J’inspecte mes papiers, je range ma maison ; D’être fauve ou griffon, je n’en ai nulle envie. Sur le point d’habiter un terroir étranger, J’imagine ce qui, pour moi, devra changer : Je fais des provisions pour l’hiver de ma vie.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2015/07/06/vigne-dor/
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