Poème
C'est ores, mon Vineus, mon cher Vineus, c'est ore
C'est ores, mon Vineus, mon cher Vineus, c'est ore, Que de tous les chétifs le plus chétif je suis, Et que ce que j'étais, plus être je ne puis, Ayant perdu mon temps, et ma jeunesse encore. La pauvreté me suit, le souci me dévore, Tristes me sont les jours, et plus tristes les nuits. O que je suis comblé de regrets et d'ennuis ! Plût à Dieu que je fusse un Pasquin ou Marphore, Je n'aurais sentiment du malheur qui me point : Ma plume serait libre et si ne craindrais point Qu'un plus grand contre moi pût exercer son ire. Assure-toi, Vineus, que celui seul est roi A qui même les rois ne peuvent donner loi, Et qui peut d'un chacun à son plaisir écrire.
Commentaires (1)
Ma plume ______ Ma plume de céphalophore Ne sait trop ce qu’elle produit ; Un dieu fantasque la conduit De catachrèse en métaphore. De lourds fantasmes s’élaborent Aussi bien le jour que la nuit ; De l’amusement, de l’ennui, Des souvenirs, que sais-je encore ! Tout cela ne va pas bien loin ; Ces mots ne comblent nul besoin, C’est un inoffensif délire. Tout cela n’est pas d’un grand poids ; Qu’importe ! À ta santé je bois, Toi qui viens ici pour me lire.
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