Poème
Bonne pensée du matin
par Arthur RIMBAUD
A quatre heures du matin, l'été, Le sommeil d'amour dure encore. Sous les bosquets l'aube évapore L'odeur du soir fêté. Mais là-bas dans l'immense chantier Vers le soleil des Hespérides, En bras de chemise, les charpentiers Déjà s'agitent. Dans leur désert de mousse, tranquilles, Ils préparent les lambris précieux Où la richesse de la ville Rira sous de faux cieux. Ah ! pour ces Ouvriers charmants Sujets d'un roi de Babylone, Vénus ! laisse un peu les Amants, Dont l'âme est en couronne. Ô Reine des Bergers ! Porte aux travailleurs l'eau-de-vie, Pour que leurs forces soient en paix En attendant le bain dans la mer, à midi.
Commentaires (1)
Cette lettre présente des convergences significatives avec l'atmosphère du poème : l'évocation des nuits de veille, de l'"heure indicible", des "arbres énormes", des ouvriers se rendant au travail à l'heure où le poète va "se soûler chez les marchands de vin" avant de se coucher à sept heures du matin
Connecte-toi pour laisser un commentaire.