Poème
Bien peu de cœurs sont désirants
par Anna de NOAILLES
Bien peu de cœurs sont désirants, Un tiède destin les rassure, Ils goûtent les faibles mesures, Les jours égaux, prévus et francs, L'avenir calme et sans ardeur. — Il faut plaindre les donateurs !
Commentaires (2)
Mes yeux ne savent voir plus loin que l’horizon. Mon labeur quotidien, mes simples habitudes, Tout en moi, comme aux temps lointains de solitude, Par coutume est réglé, plutôt que par raison. La routine en ce monde a bâti sa maison Sur la bonne surface, à la bonne altitude, Appliquant à cela des lois de finitude, Comme, devenant vieux, souvent, nous les prisons. Même pendant le temps dévolu au transport, Franchissant, sans montrer le moindre passeport, Maintes démarcations, limites ou frontières, Je n’ai pas l’impression de quitter le couloir Où se trouve rangé ce que je peux vouloir : Une horloge régit mon existence entière.
Voyant plus haut que l’horizon bornant nos vieilles solitudes et nos plus tristes habitudes le poète a cent fois raison... Quitte l’ancestrale maison et vois prenant de l'altitude combien il est d’infinitudes après brisé-ye la prison... Le banal ticket de transport ou mieux un francilien passport ouvre au voyageur cinq frontières... Ne te perds plus en vains couloirs la Zone Six du RER il suffit de la fort vouloir...
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