Poème
Au temps de ma jeunesse ...
par Jean MORÉAS
Au temps de ma jeunesse, harmonieuse lyre, Comme l'eau sous les fleurs, ainsi chantait ta voix ; Et maintenant, hélas ! C'est un sombre délire : Tes cordes en vibrant ensanglantent mes doigts. Le calme ruisselet traversé de lumière Reflète les oiseaux et le ciel de l'été, Ô lyre, mais de l'eau qui va creusant la pierre Au fond d'un antre noir, plus forte est la beauté.
Commentaires (2)
Enflammé d'enthousiasme, un auteur juvénile Accumule à plaisir les figures subtiles Pour montrer au lecteur qu'il les maîtrise bien ; Au déclin de ses jours, le barde qui médite N'épuise point sa muse en formes inédites, Mais pose devant lui les mots du quotidien.
* * * ----- La muse est restée juvénile, Juste un petit peu plus subtile ; Mais le barde l'entend moins bien, Donc, il n'y pige presque rien.
Connecte-toi pour laisser un commentaire.