Poème
Arums de Palestine
par Renée VIVIEN
O ma Maîtresse, je t’apporte, Funèbres comme un requiem, Lys noirs sur le front d’une morte, Les arums de Jérusalem. Ils éclosent parmi les râles De l’amour que l’aube détruit, Et les succubes aux doigts pâles Ont respiré leur chair de nuit. Seule, ton âme ténébreuse Sut les aimer et les choisir, Etrange et stérile amoureuse Qui t’abandonnes sans désir. O ma Maîtresse, je t’apporte, Funèbres comme un requiem, Lys noirs sur le front d’une morte, Les arums de Jérusalem.
Commentaires (3)
Je rêve qu'en passant ma porte Je parviens à Jérusalem Où l'on chante le requiem Du Créateur et de sa sorte. Lui mort, subsiste son escorte, Tous chantant "Non bis in idem", Sauf un qui répète "Baal Shem" ; Sans que nul poème n'en sorte. Oui, ma chanson est ténébreuse Car mes pensées sont nébuleuses Aux plus pesants jours de l'été ; Mon inspiration est allée Vers ces figures décalées, Plutôt qu'aux rives du Léthé.
Les trente odalisques accortes Qui forment le petit harem Du Maître, et lui servent d'escorte, Ont bu tout son Château-Yquem En vidant les mathusalems Qui étaient derrière la porte ; Maintenant leurs quinze tandems Ne servent en aucune sorte. Mais, faut-il en faire un poème ?
T'as Thudazalemme? Moi j'ai Roboam. C'est peu, je sais...
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