Poème
Artémis
L'âcre senteur des bois montant de toutes parts, Chasseresse, a gonflé ta narine élargie, Et, dans ta virginale et virile énergie, Rejetant tes cheveux en arrière, tu pars ! Et du rugissement des rauques léopards Jusqu'à la nuit tu fais retentir Ortygie, Et bondis à travers la haletante orgie Des grands chiens éventrés sur l'herbe rouge épars. Et, bien plus, il te plaît, Déesse, que la ronce Te morde et que la dent ou la griffe s'enfonce Dans tes bras glorieux que le fer a vengés ; Car ton coeur veut goûter cette douceur cruelle De mêler, en tes jeux, une pourpre immortelle Au sang horrible et noir des monstres égorgés.
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Chronologie barbare _______________ À la sixième mue du cinquième lézard, L'Empire a commencé, dit la chronologie. Le Souverain, porteur de la Sainte Énergie, L'a proclamé du haut des antiques remparts. À la troisième roue du premier corbillard, Un Barbare emporta la Divine Effigie Qui en sa garde avait le Palais des Orgies ; Les Vestales n'ont pu rattraper ce fuyard. Au deuxième piquant de la neuvième ronce, Les crieurs ont transmis dans les bourgs une annonce : Récompense au génie qui, dans l'ombre, a forgé De la Divinité une effigie nouvelle, Une statue de fer sur les pieds de laquelle Dégouline le sang d'un incube égorgé.
C'est cruel que de rabaisser Artémis dans toute son honneur et sa bienveillance envers les humains à une chasseresse sans pitié !
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