Poème
Après Cannes
Un des consuls tué, l'autre fuit vers Linterne Ou Venuse. L'Aufide a débordé, trop plein De morts et d'armes. La foudre au Capitolin Tombe, le bronze sue et le ciel rouge est terne. En vain le Grand Pontife a fait un lectisterne Et consulté deux fois l'oracle sibyllin ; D'un long sanglot l'aïeul, la veuve, l'orphelin Emplissent Rome en deuil que la terreur consterne. Et chaque soir la foule allait aux aqueducs, Plèbe, esclaves, enfants, femmes, vieillards caducs Et tout ce que vomit Subure et l'ergastule ; Tous anxieux de voir surgir, au dos vermeil Des monts Sabins où luit l'oeil sanglant du soleil, Le Chef borgne monté sur l'éléphant Gétule.
Commentaires (2)
Le dernier vers est une magifique traduction d'un hexamètre de Juvénal : Cum Gætula ducem portaret belua luscum.
Le canard du Duc ----------------- Malgré mon plumage bien terne, Je ne suis pas sur le déclin ; Je suis vif et je suis malin, Ma cervelle n’est pas en berne. Nul devant moi ne se prosterne, Pas même l’humble pangolin ; Mais j’ai mon portrait sur vélin Dans une royale taverne. J’appartiens à Monsieur le Duc, Maître de l’Ordre de saint Luc, Qui du Pape embrassa la mule. Bien plus noble que mes pareils, Je resplendis, tel un soleil Qui jamais ne se dissimule.
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