Poème
Amitié. À Mlle N***
Je connais un petit ange Lequel n’a jamais mouillé Sa blanche robe à la fange Dont notre monde est souillé. C’est lui qui donne le change Au pauvre cœur dépouillé Que l’amour, vautour étrange, D’un bec cruel a fouillé. Cet ange, qui vous ressemble, Sous son aile nous rassemble : C’est la divine Amitié. Son regard est doux et calme ; Il m’offre sa chaste palme… En voulez-vous la moitié ? (1876)
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Ange fripon --------------- Il apprécie parfois, l’ange, Un gentil baiser mouillé ; Lui interdis-tu la fange, Tu l’en trouveras souillé. Fréchette, à l’amour qui change, Si ton coeur fut dépouillé, Ne dis pas que c’est étrange, Dis juste : « J’ai cafouillé. » Ton sonnet, qui te ressemble, Se veut un mot qui rassemble Contre Amour, pour Amitié ; Mais l’amour, violent ou calme, Sur l’amitié veut la palme ; Et non point « moitié-moitié. »
Fleurs d’un monde invraisemblable ---------- Notre monde est-il étrange ? Notre herbage, il est mouillé, Nos chemins sont de la fange, Nos ruisseaux sont bien souillés. Les corps en terre se changent, De leur âme dépouillés ; Car il n’en sort pas des anges, Ni des saints agenouillés. Vraiment, ce monde ressemble Aux dortoirs où se rassemblent Des oiseaux pleins d’amitié ; Pourvu que leur nuit soit calme, Ils s’aimeront sous les palmes ; La Nature en a pitié.
Danseuse du siècle passé ----- Toi, serais-tu donc un ange De ses ailes dépouillé ? Ou bien l’ondine du Gange Avec ses cheveux mouillés ? En ancêtre je me change, De ma force dépouillé ; Ce n’est pas un sort étrange, Je suis juste un peu rouillé. À mes rêves tu ressembles Dans la lumière qui tremble ; Et je ne dors qu’à moitié. Dans la cour, le vent se calme, Qui n’agite plus les palmes ; Je songe à notre amitié.
Danseuse du siècle passé (retouche) ----- Toi, serais-tu donc un ange De ses ailes dépouillé ? Ou bien l’ondine du Gange Avec ses cheveux mouillés ? En ancêtre je me change, Humblement agenouillé ; Ce n’est pas un sort étrange, Je suis juste un peu rouillé. À mes rêves tu ressembles Dans la lumière qui tremble ; Et je ne dors qu’à moitié. Dans la cour, le vent se calme, Qui n’agite plus les palmes ; Je songe à notre amitié.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2021/01/10/danseuse-du-siecle-passe/
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