Poème
À M. de Berluc-Perussis, poète provençal
Poète, hier, encore, en humant quelques verres De votre fin muscat de Provence, ― frileux, Je me pris à rêver aux climats fabuleux, Où l’on retrouve encor la chanson des trouvères. Souffles tièdes berçant de frais papillons bleus, Ciel d’azur, rayons d’or, roses et primevères !… Désespérant contraste avec les froids sévères De nos zones qu’attriste un soleil nébuleux ! De vie et de parfums brises exhubérantes ! Aux chansons des oiseaux forêts toujours vibrantes ! Langue au rythme sonore et plein de nonchaloir ! Ces horizons vermeils ! cet hiver chimérique ! ― Dites, n’est-ce pas là quelque monde féerique Où pour être poète on n’a qu’à le vouloir ? (1878)
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