Poème
01 - Le Printemps
La Légende ailée de Wieland le forgeron
Il y eut trois filles blanches et belles Qui vinrent portées sur le vent du Sud Se poser près d'un lac en refermant leurs ailes, Ainsi s'en vient, Quand mollit l'hiver rude, Le printemps prompt qui fleurit près des fiords ; Et les eaux étaient bleues qui les miraient en elles Et tièdes, car l'été suit le printemps du Nord, Le rejoint sans effort Et leurs pas se mêlent Et sa joue s'en avive et la saison est belle. Comme un rayonnement chaud et clair environne La jeunesse qui s'éveille, Ainsi au printemps rose se fond Tété vermeil : Avril et Juin s'étreignent et la saison est bonne Et le fruit et la fleur de l'amour sont pareils ; Le rêve et la vie s'unissent comme en un conte ; Avril et Juin s'enlacent et la saison est prompte. Donc, ayant rejeté leur plumage de cygnes, Elles baisèrent en l'eau leur nudité plus blanche Et se fondirent en elle, mêlant le jeu des lignes, Étreintes jusqu'aux hanches Par la tiédeur bleutée et mobile autour d'elles, Et riaient enlacées ; Puis, nageant à l'envi de leurs bras étonnés, Elles se sentaient des ailes Moins agiles et plus vite lassées. Et voici que, flottant, elles croyaient planer. Elles s'interpellaient : « Ervare l'Alvitte, toute blanche! » et « Oline!» Et « Lodrune, à la blancheur de cygne ! » Et leurs jeux les mêlaient à l'écume; Elles se tenaient la main, Puis plongeaient, l'une et l'une, Ou se dressaient, soudain ! Hors des flots, jusqu'aux hanches, Élancées ! En un éclat de rire envolé Et se faisant des signes, Toutes blanches, De leurs beaux bras levés.
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