Poème
Yseulte
par Jean LORRAIN
Parmi les trèfles d'or et les roses d'émail, Peinte avec des yeux verts et des cheveux de cuivre Sur un ciel d'ocre pale, Yseulte clôt le livre, Dont six noms de princesse ornent l'épais fermail. Sa bouche, où le sang frais luit et perle en corail, Dit et son fauve amour et son ardeur de vivre. L'oeil sombre, où flotte un rêve impossible à poursuivre, A le regard voyant des saintes de vitrail. Aux mornes dévouements, comme aux rimes hardie, Elle est l'instinct aveugle, elle est la perfidie. Sa haine est un breuvage au sang des dieux pareil. On sent qu'un rouge amour la brûle et l'incendie, Et, fleur de feu comme elle, auprès de son orteil, Flambe et s'épanouit un jaune et clair soleil.
Commentaires (1)
Alchimie --------- Plus chaud que la fourneau d'où sort le noir émail, Le druide a fait fumer un gros engin de cuivre (Et l'art qu'il déploya n'est point tiré d'un livre ; Jamais cet atelier ne vit un tel travail). La braise ayant atteint la rougeur du corail, Une étrange magie a commencé à vivre. L'homme fixe la flamme, acharné à poursuivre L'oeuvre se reflétant dans ses yeux de vitrail. Alors il contempla la construction hardie Puis il la surchauffa, d'une torche brandie Produisant un brasier à nul autre pareil. Le mage entretenait ce petit incendie Juste pour le plaisir de tiédir ses orteils Lorsqu'il ne pouvait point les offrir au soleil.
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