Poème d’un membre
Vierge
par ClaudelMembre
Ses yeux pralinés et noirs comme des noisettes Observaient au loin les vaisseaux ébène et or Ignorant qu’à bâbord, ces trois-mâts goélettes Transportaient l’éden du talion de la mort. Sa peau cuivrée frémit à voir ces dieux des mers S’approcher des côtes, de sa terre natale. Une comète en feu apparut dans les airs. Courant pieds nus vers les bourgades, les hameaux ; Pocahontas, heureuse, annonça la nouvelle. Les dieux sont là, offrons-leur de l’or et des peaux. Chantons ! Dansons pour eux ! Moi, je me ferai belle. À l’aube, une fumée sortait de la tribu ; Une fumée noire, répugnante et fatale. L’Amérindienne, la belle avait disparu.
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