Poème
Vers trouvés sur le pont du Rhône
par François-René de CHATEAUBRIAND
Il est minuit, et tu sommeilles ; Tu dors, et moi je vais mourir. Que dis-je, hélas ! peut-être que tu veilles ! Pour qui ?... L'enfer me fera moins souffrir. Demain quand, appuyée au bras de ta conquête, Lasse de trop d'amour et cherchant le repos, Tu passeras ce fleuve, avance un peu la tête Et regarde couler ces flots.
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Pont des Splendeurs ------------ Bâti pour connecter les deux rives de gloire, Il honore la ville, et puis il l’embellit ; Notre maire jadis a son éloge écrit, Dont nous conserverons l’infrangible mémoire. Ici des militants célèbrent leurs victoires, De notre liberté défenseurs aguerris ; Puis, l’une et l’autre rive ont des talus fleuris Que vous entretenez, jardiniers méritoires. On y boit de la bière, on y fête le vin, On flâne sur les quais, on parle entre voisins ; De charmantes beautés en cette onde se mirent. D’avoir un pareil pont, c’est un honneur pour nous, Celui qui l’installa fut très sage et très fou ; Tout au long des saisons, nos visiteurs l’admirent.
Noble monstre ------ C’est un être tordu qui baigne dans sa gloire, Lui qu’un fier troubadour chante à cor et à cri ; On le célèbre aussi dans de savants écrits Afin que son nom soit gravé dans nos mémoires. Courageux en l’échec, modeste en la victoire, On trouve en sa personne un seigneur aguerri ; La Reine le reçut en ses jardins fleuris Afin d’encourager ses vertus méritoires. Le Roi lui a servi son plus excellent vin ; À cette table, ensuite, une danseuse vint Dont le costume fut d’élégant cachemire. La Princesse, dit-on ,lui faisait les yeux doux, Elle qui paraissait le trouver à son goût ; Le Bouffon le tenait en sa ligne de mire.
Noble monstre ........ retouche ------ C’est un être tordu qui baigne dans sa gloire, Lui qu’un fier troubadour chante à cor et à cri ; On le célèbre aussi dans de savants écrits Afin que son nom soit gravé dans nos mémoires. Courageux en l’échec, modeste en la victoire, On trouve en sa personne un seigneur aguerri ; La Reine le reçut en ses jardins fleuris Afin d’encourager ses vertus méritoires. Le Roi lui a servi son plus excellent vin ; À cette table, ensuite, une danseuse vint Dont le costume fut d’élégant cachemire. La Princesse, dit-on, lui faisait les yeux doux, Elle qui paraissait le trouver à son goût ; Le Bouffon le tenait en sa ligne de mire.
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