Poème
Une brise de danses
par Paul ÉLUARD
Une brise de danses Par une route sans fin Les pas des feuilles plus rapides Les nuages cachent ton ombre. La bouche au feu d’hermine À belles dents le feu Caresse couleur de déluge Tes yeux chassent la lumière. La foudre rompt l’équilibre Les fuseaux de la peur Laissent tomber la nuit Au fond de ton image.
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Un vieux marchand d'hermine ------------------------------------ Un vieux marchand d'hermine En des lieux incertains Par la route chemine Où passa Saint Martin. Il dit : «Je suis transfuge D'un monde en perdition ; Après nous, le déluge, La fin des traditions». Puis, brûlé par la foudre, Périt ce colporteur ; Puissent les dieux l'absoudre, Qui sont nos protecteurs.
Lapinot transfuge ------------ Ma vie est en albums, trouvez-les, lisez-les, Elle eut ses temps de peine et ses temps d’allégresse ; Tantôt des avanies et tantôt des caresses, Mais, même de ma mort, j’ai su me consoler. Vers d’autres univers un jour je suis allé, Qu’importe que ma vie, vue de l’un d’entre eux, cesse ? Bien sûr, ça fit pleurer ma gentille princesse, Ça me fit aussi voir un monde décalé. Chaque fois qu’un belle aventure est parue, Ma renommée auprès des lecteurs s’est accrue ; Ils aiment mon auteur, fantaisiste et moqueur. Certes, je n’ai rien fait pour mériter la gloire, Mais ce sont des projets où j’ai mis tout mon coeur ; Ma défaite souvent fut comme une victoire.
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