Poème
Un oeil, ouvert
par Paul CELAN
Heures, couleur mai, fraîches. Ce qui n’est plus à nommer, brûlant, audible dans la bouche. Voix de personne, à nouveau. Profondeur douloureuse de la prunelle : la paupière ne barre pas la route, le cil ne compte pas ce qui entre. Une larme, à demi, lentille plus aiguë, mobile, capte pour toi les images. 1959
Commentaires (1)
(l'original) ======= Ein Auge, offen ----------------- Stunden, maifarben, kühl. Das nicht mehr zu Nennende, heiß, hörbar im Mund. Niemandes Stimme, wieder. Schmerzende Augapfeltiefe: das Lid steht nicht im Wege, die Wimper zählt nicht, was eintritt. Die Träne, halb, die schärfere Linse, beweglich, holt dir die Bilder.
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