Poème
Un mot au Soleil pour commencer
par Jules LAFORGUE
L'Imitation de Notre-Dame la Lune
Soleil ! soudard plaqué d'ordres et de crachats, Planteur mal élevé, sache que les Vestales À qui la lune, en son équivoque œil-de-chat, Est la rosace de l'Unique Cathédrale, Sache que les Pierrots, phalènes des dolmens Et des nymphéas blancs des lacs où dort Gomorrhe, Et tous les bienheureux qui pâturent l'Éden Toujours printanier des renoncements, -t'abhorrent. Et qu'ils gardent pour toi des mépris spéciaux, Bellâtre, Maquignon, Ruffian, Rastaquouère À breloques d'œufs d'or qui le prends de si haut Avec la terre et son Orpheline lunaire. Continue à fournir de couchants avinés Les lendemains vomis des fêtes nationales, A styler tes saisons, à nous bien déchaîner Les drames de l'Apothéose Ombilicale! Va, Phoebus! Mais, Dèva, dieu des réveils cabrés, Regarde un peu parfois ce Port-Royal d'esthètes Qui, dans leurs décamérons lunaires au frais, Ne parlent de rien moins que mettre à prix ta tête. Certes, tu as encor devant toi de beaux jours; Mais la tribu s'accroît, de ces vieilles pratiques De l'À QUOI BON? qui vont rêvant l'art et l'amour Au seuil lointain de l'Agrégat inorganique. Pour aujourd'hui, vieux beau, nous nous contenterons De mettre sous le nez de Ta Badauderie Le mot dont l'Homme t'a déjà marqué au front; Tu ne t'en étais jamais douté, je parie? -Sache qu'on va disant d'une belle phrase, os Sonore, mais très nul comme suc médullaire, De tout boniment creux enfin : c'est du pathos, C' est du PHŒBUS! -Ah ! Pas besoin de commentaires... Ô vision du temps où l'être trop puni, D'un : «Eh ! Va donc, Phœbus ! » te rentrera ton prêche De vieux crescite et multiplicamini, Pour s'inoculer à jamais la Lune fraîche!
Commentaires (2)
Chat myope ------- De près, je peux voir un cafard, Mais, de loin, c’est problématique ; J"adopte une approche heuristique, C’est foireux, je le dis sans fard. Pour moi, les matins sont blafards, Les lendemains sont bordéliques ; Mes songes n’ont rien d’angélique, Ils sont ceux d’un pauvre soiffard. Ai-je vraiment bien fait de naître ? Au vrai, je n’en étais pas maître ; Changer le passé, je ne puis. Je reste à bord de ma galère Jusqu’à cet instant funéraire Auquel nous sommes tous réduits.
Bonsoir, Je me permets de vous informer, si vous ne le savez pas, que Cochonfusius qui a apporté tant de contributions à la poésie, est très affaibli. Il n'est plus en mesure d'écrire ni même de lire mais son épouse l'informe du contenu des messages qu'il reçoit. Bonne soirée Cet enseignant-chercheur et polytechnicien Coule avec son épouse une douce retraite Où il peut exprimer un talent de poète Qui n’a rien à envier aux académiciens. Son œuvre s’apparente à celle des anciens, La versification est chez lui à la fête Et sa forme provient de toute la planète, Haïkus, Rubaïyat, odes, entre autres, sont des siens. L’écrivain est doté d’une grande culture, Plus ample est la sagesse à force de lectures, Mais il n’est pas Bouddha assis sur un lotus. Son blason est un porc, vif et au gai visage À l’instar de l’esprit de l’humble personnage Qu’est J-B Berthelin, alias Cochonfucius.
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