Poème
Tristesse d'été
Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie, En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie, Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux. De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie T'a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux " Nous ne serons jamais une seule momie Sous l'antique désert et les palmiers heureux ! " Mais la chevelure est une rivière tiède, Où noyer sans frissons l'âme qui nous obsède Et trouver ce Néant que tu ne connais pas. Je goûterai le fard pleuré par tes paupières, Pour voir s'il sait donner au coeur que tu frappas L'insensibilité de l'azur et des pierres.
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Quand ma plume au matin est par trop endormie, Je relis Mallarmé dont le ton langoureux Peut vite dissiper la tristesse ennemie. Lorsque j'avais quinze ans, j'en étais amoureux. Et si, dans mes travaux, s'opère une accalmie, J'ouvre ce petit livre, et, sans être peureux, Je participe au grand défilé de momies Qui furent autrefois des citoyens heureux. Au bureau, sans un bruit, respirant un air tiède, Je parcours jusqu'au bout ce texte qui m'obsède, Où figurent des mots que je ne connais pas. Je sens une lourdeur accabler mes paupières : Barde qui tant de fois ce tendre coeur frappas, En as-tu transformé la tendre écorce en pierre ?
Retouche au dernier vers : En as-tu transformé la fine écorce en pierre ? pour éviter la répétition de "tendre".
Fontaine tiède ------------ Cette ville est presque endormie, Sauf quatre pigeons langoureux ; La fontaine est leur grande amie, Dont le bruit leur est savoureux. Le temps s’est mis à l’accalmie, L’air est doux dans les coins ombreux ; Ici nul tort, nulle infamie, C’est assez simple d’être heureux. Chante ton chant, fontaine tiède, Ta rengaine qui nous obsède ; J’écoute et je n’écoute pas. Je vois, à travers mes paupières, Le rouge soleil du trépas ; Mon coeur est froid comme une pierre.
For My Fallen Angel As I draw up my breath And silver fills my eyes I kiss her still For she will never rise On my weak body Lays her dying hand Through those meadows of Heaven Where we ran Like a thief in the night The wind blows so light It wars with my tears That won't dry for many years Love's golden arrow At her should have fled And not Death's ebon dart To strike her dead https://www.youtube.com/watch?v=MasitkfEgcc&list=LL&index=20
Un feu tiède -------- Je suis une flamme endormie, Un brasier presque ténébreux ; La nuit d’hiver est mon amie, Don j’aime les replis ombreux. Je suis presque en hypothermie, Moi qui fus un feu valeureux ; J’ai le tonus d’une momie Mais je m’efforce d’être heureux. Il est plus sage d’être tiède Que trop combatif et trop raide ; Un grand orgueil, je n’en veux pas. Je brûle sur mon tas de pierres, M’acheminant vers mon trépas : Sereine est mon heure dernière.
Ah Mallarmé armé mal !
une fumée sans feu
ou un feu sans fumet !
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