Poème
Tant il gela que les branches laiteuses...
par René CHAR
Tant il gela que les branches laiteuses Molestèrent la scie, se cassèrent aux mains. Le printemps ne vit pas verdir les gracieuses. Le figuier demanda au maitre du gisant L' arbuste d`une foi nouvelle. Mais le loriot, son prophète L' aube chaude de son retour, En se posant sur le désastre Au lieu de faim, périt d' amour.
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Errance matinale ----------------------- René Char marche en une aube laiteuse Sans déranger un archange dormant ; D'un tel oiseau la chair n'est pas frileuse, Et le sommeil offre un tableau charmant. D'or et d'azur le jour se renouvelle ; De carnation le visage sourit. L'arbre, hors saison, de figues ne nourrit Ni le loriot, ni l'absente hirondelle. Frêles oiseaux et bienveillant archange, Veillez sur lui, poète délicat : Il se fera votre fier avocat, C'est bien utile, en ce cosmos étrange.
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