Poème
Sur ses ailes, Amour, d'un vol plein de vitesse
par Marc PAPILLON DE LASPHRISE
Sur ses ailes, Amour, d'un vol plein de vitesse, Sans donner à mon âme un moment de repos, Plus vite qu'un dauphin qui traverse les flots, Me transporte haut-volant vers ma chaste déesse. Jamais de tel randon* des aquilons la presse, Franchissant à l'envi d'Amphitrite les sauts, Si raide n'élança par le glacis des eaux Le vaisseau désarmé vide de toute adresse. Comme sur les cerceaux de cent mille désirs Le vent impétueux de mes ailés soupirs Me trajette à grands bonds au phare de sa vue : Flambes d'amour et vous, soupirs, enfants de l'air, Passez-moi sans danger cette amoureuse mer, Et puis à mon retour que votre feu me tue. (*) mouvement impétueux
Commentaires (1)
Cupidon-Grenouille ------------ Le dieu vole, venant de sa demeure humide, C’est un étrange feu qui brille dans ses yeux : Il tourne sur la ville, il reconnaît les lieux, Lui qui souvent choisit la débauche pour guide. Rares sont en ce lieu les pucelles timides, Cupidon, quant à lui, trouve que c’est tant mieux ; Il cherche une victime en parcourant les cieux, Ses ailes se déploient, qui brassent l’air limpide. Les flèches qu’il envoie ne lui coûtent pas cher Et peuvent provoquer le péché de la chair ; Mais ce n’est pas la mort, ni le malheur d’une âme. Sans lui, qu’en serait-il de Lilith et d’Adam ? Où serait donc Ronsard sans ses désirs ardents ? Toi qui n’es pas de bois, pourquoi craindre une flamme ?
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