Poème
Sur le ballet du Roi. Le forgeron pour le Roi
Œuvres poétiques - Première partie
Je ne suis point industrieux Comme ce forgeron des dieux, Dont les subtilités nuisibles Pour un chef-d'œuvre de son art, Dessous des filets invisibles Firent voir qu'il était cornard. Cet infâme aux creux étnéans Dessus les tombeaux des Géants, Enivré de souffre et de flamme, Forgeait des armes pour autrui, Cependant que Mars et sa femme Faisait des forgerons pour lui. Je suis un forgeron nouveau, Qui sans enclume et sans marteau Forge un tonnerre à ma parole, Et du seul regard de mes yeux, Fais partir un éclair qui vole, Plus puissant que celui des cieux. Les plus rebelles des humains, Subjugués des traits de mes mains, Ont fait émerveiller l'Europe, Et Vulcain avoue aisément De n'avoir jamais vu Cyclope Battre le fer si rudement. Le dard qu'amour me fait forger, Sans déplaisir et sans danger, Pénètre au fond de la pensée, Et la dame qu'il veut toucher En est si doucement blessée, Qu'elle n'en peut haïr l'archer. Mais les flèches de mon courroux, Fatales qu'elles sont à tous, Font trembler le dieu de la guerre, Et rien ne l'a fait habiter Dans un ciel si loin de la terre Que le soin de les éviter.
Commentaires (1)
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2017/03/15/forgeurs-de-lune/
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