Poème
Sur la mort du Roi Louis XIII
par Pierre CORNEILLE
Sous ce marbre repose un monarque sans vice, Dont la seule bonté déplut aux bons François, Et qui pour tout péché ne fit qu'un mauvais choix Dont il fut trop longtemps innocemment complice. L'ambition, l'orgueil, l'audace, l'avarice, Saisis de son pouvoir, nous donnèrent des lois ; Et bien qu'il fût en soi le plus juste des rois, Son règne fut pourtant celui de l'injustice. Vainqueur de toutes parts, esclave dans sa cour, Son tyran et le nôtre à peine perd le jour, Que jusque dans la tombe il le force à le suivre. Jamais de tels malheurs furent-ils entendus ? Après trente-trois ans sur le trône perdus, Commençant à régner, il a cessé de vivre,
Commentaires (2)
Armand du Plessis ---------- À ce dur ministre Nulle vertu cardinale Ni théologale.
La tour du Cardinal --------- Dans cet endroit discret je reçois mes complices, De vaillants serviteurs, des gens de bon aloi ; Eux qui savent agir en marge de la loi, Je les vois s’activer par sagesse et malice. Je sais en ce royaume adapter la justice À la nécessité, en retouchant le droit ; Je suis, bien que ministre, aussi puissant qu’un roi, J’exerce mes talents qui n’ont rien de factice. On me voit à la guerre, on me voit à la Cour, Mon lever vaut celui du bel astre du jour ; Je suis aux nobliaux comme l’or est au cuivre. Même si mes pouvoirs semblent trop étendus, Ce grand pays, sans moi, serait un peu perdu ; J’assume le fardeau, le Roi se laisse vivre.
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