Poème
Statue
par Louis ARAGON
Volupte Déjeuner de soleil Je me meurs Salive Sommeil Sonnez Matines Masque à chloroforme Amour je roule de tout mon long Abîme Au fond La descente de lit n’est pas morte Elle bouge en chantant très bas Panthère Panthère Mon corps n’en finit plus sous les rides des draps Un homme à la mer Encre A la dérive
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Volatile ambidextre ------------------------- Ce rapace surveille un petit Roi Soleil Dont, tout le jour, il va protégeant le sommeil : Alors, nous admirons l'argent de son plumage, Prêts à croire aux vertus de son joli ramage. Chaque serre de l'aigle agite un instrument, Très fort est cet oiseau, magicien, sûrement : La couronne royale est entourée d'hermine, Le ciel, quand vient le soir, de rouge s'illumine. Au caveau, cependant, dorment les rois d'antan ; Il n'est que leur blason qui soit resté vivant, Ainsi que son image à vos yeux le dévoile, Au coeur de votre écran, sur cette grande Toile.
Gallusabel et Caingallus ----------------------- Étrange est leur maintien, leur langue est singulière ; Leur négativité leur ôta la raison. Ces deux-là ne sont pas des oiseaux de volière, Mais ce sont des seigneurs, des maîtres de maison. Emportés par la haine, oubliant leurs prières, On peut voir s’affronter ces deux nobles garçons, Tenant de durs propos d’une voix rude et fière Que Dieu ne recommande en aucune façon. Or, que dois-je penser des deux frères hostiles, Seraient-ils en conflit pour des questions de style ? Argument affaibli par sa simplicité. Que pourront devenir ces âmes abattues Que le public condamne à l’unanimité, Sinon d’être prétexte à de belles statues ?
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