Poème
Souvenirs d'avril
par Charles CROS
Le rhythme argentin de ta voix Dans mes rêves gazouille et tinte. Chant d'oiseau, bruit de source au bois, Qui réveillent ma joie éteinte. Mais les bois n'ont pas de frissons, Ni les harpes éoliennes. Qui soient si doux que tes chansons, Que tes chansons tyroliennes. Parfois le vent m'apporte encor L'odeur de ta blonde crinière. Et je revois tout le décor D'une folle nuit, printanière ; D'une des nuits, où tes baisers S'entremêlaient d'historiettes, Pendant que de tes doigts rosés Tu te roulais des cigarettes ; Où ton babil, tes mouvements Prenaient l'étrange caractère D'inquiétants miaulements, De mordillements de panthère. * Puis tu livrais tes trésors blancs Avec des poses languissantes... Le frisson emperlait tes flancs Émus des voluptés récentes. * Ainsi ton image me suit, Réconfort aux heures glacées, Sereine étoile de la nuit Où dorment mes splendeurs passées. Ainsi, dans les pays fictifs Où mon âme erre vagabonde, Les fonds noirs de cyprès et d'ifs, S'égayent de ta beauté blonde. * Et, dans l'écrin du souvenir Précieusement enfermée, Perle que rien ne peut ternir, Tu demeures la plus aimée.
Commentaires (1)
Dame des houles ----------------- Sur l'Armorique une voix Portée par la brise, tinte En traversant les grands bois ; Une voix jadis éteinte. La mer froide a des frissons ; Surtout quand du ponant viennent De la Dame les chansons Qui d'autrefois se souviennent. C'est une sirène d'or, Son dos, sa queue, sa crinière, Chaque partie de son corps Est un trésor de lumière. Chacun de ses mouvements Dévoile un fort caractère ; Que seront ses sentiments, Sinon ceux d'une panthère ? Ah, si cet être est fictif, Puisse ma chair vagabonde Rejoindre son corps lascif, Baigner dans sa lueur blonde !
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