Poème
Souvenir de Jacquemart
par Armand SILVESTRE
Grand artiste couché sous la terre éplorée, Vaincu frappé debout sous la pierre étendu, Rêveur déchu du haut de ton rêve éperdu, Je veux chanter envers ta mémoire sacrée. L’outil dur des graveurs dans la main inspirée, Comme un stylet de feu vers l’idéal tendu, De l’âpre vérité fouillant le ciel ardu, Y traça dans l’art pur, une route ignorée. Ton pinceau si léger qu’on l’aurait cru mouillé Des seuls pleurs du malin sous le bois effeuillé Fit revivre l’azur dans sa clarté première. Interprète immortel du charme aérien, Dans l’ombre descendu si ton corps n’est plus rien, Ton œuvre te survit tout baigné de lumière. 29 septembre 1880.
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Renard-paon --------------- Le renard-paon s'en vient dans la plaine arborée Où son cri fracassant est de tous entendu ; Plus d'un passant lui jette un regard éperdu Sous la lune en croissant, de sable colorée. Un peu de nourriture aisément picorée, Suffit pour contenter cet animal dodu ; Puis il marche à nouveau, traquille et détendu ; Jamais, par lui, ne sont les poules dévorées. Si le temps est mauvais, s'il a les pieds mouillés, Il se pose à l'abri, près des outils rouillés, Dans le vieux cabanon dont s'effritent les pierres ; Mais si l'air est serein (c'est ce qu'il aime bien) Au sommet d'un long mur le bel oiseau se tient, Et compose, en sa langue, un hymne à la lumière.
Troisième vers du deuxième quatrain : "Tranquille et détendu".
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