Poème
Sonnet (Je sais faire des vers perpétuels)
par Charles CROS
Sonnet Je sais faire des vers perpétuels. Les hommes Sont ravis à ma voix qui dit la vérité. La suprême raison dont j'ai, fier, hérité Ne se payerait pas avec toutes les sommes. J'ai tout touché : le feu, les femmes, et les pommes ; J'ai tout senti : l'hiver, le printemps et l'été J'ai tout trouvé, nul mur ne m'ayant arrêté. Mais Chance, dis-moi donc de quel nom tu te nommes ? Je me distrais à voir à travers les carreaux Des boutiques, les gants, les truffes et les chèques Où le bonheur est un suivi de six zéros. Je m'étonne, valant bien les rois, les évêques, Les colonels et les receveurs généraux De n'avoir pas de l'eau, du soleil, des pastèques.
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Bannière du royaume ------------------ En ce pays sont les meilleurs des hommes, Fort braves gens, chercheurs de vérité ; De leur lignage ils n’ont rien hérité, N’ont jamais vu la plus modeste somme. Ils sont heureux de cueillir une pomme, De savourer la chaleur des étés ; Dans leur labeur, ils savent s’arrêter ; Quant à leur dieu, c’est Bacchus qu’ils le nomment. Ils ont la pêche, ils sont toujours farauds Grâce au pinard des grandes vinothèques ; Et leur bannière est celle des héros. Les taverniers sont pour eux des évêques, Les charcutiers servent de généraux : Ah, s’ils pouvaient m’accepter pour métèque !
Un métèque, avec la barbe?
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