Poème
Sonnet d'été
par Germain NOUVEAU
Nous habiterons un discret boudoir, Toujours saturé d'une odeur divine, Ne laissant entrer, comme on le devine, Qu'un jour faible et doux ressemblant au soir. Une blonde frêle en mignon peignoir Tirera des sons d'une mandoline, Et les blancs rideaux tout en mousseline Seront réfléchis par un grand miroir. Quand nous aurons faim, pour toute cuisine Nous grignoterons des fruits de la Chine, Et nous ne boirons que dans du vermeil ; Pour nous endormir, ainsi que des chattes Nous nous étendrons sur de fraîches nattes ; Nous oublirons tout, - même le soleil !
Commentaires (1)
Barde en un discret boudoir, Pris d’inspiration divine ; Il va, comme on le devine, Tracer des vers jusqu’au soir. Puis il se met en peignoir, Grattant sur sa mandoline Des accords de mousseline Qui font rêver le miroir. Il fait un peu de cuisine (Un art qu’il apprit en Chine) Et goûte le vin vermeil. Il guette au jardin la chatte ; Il s’allonge sur sa natte, Songeant à d’autres soleils.
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