Poème
Sonnet d'après Kerner
par Jules VERNE
Sur deux nobles cercueils deux noms se laissent lire ; Dans l'un Othmar le grand, Othmar roi tout-puissant, Se tient le sceptre en main, comme un roi qui descend Le front haut et superbe, au sein du noir empire ; Dans l'autre est endormi du sommeil pâlissant Un homme dont la main agite encor la lyre, Poète, aux nobles chants, qui mollement soupire Le doux hymne de mort, de son plus tendre accent. Le royaume est en feu ; les cris brûlants de guerre, Ont soulevé les cœurs, ont ébranlé la terre, Et le sceptre d'Othmar n'est plus qu'un sceptre d'or ; Mais l'aimable paix règne, où règne une âme tendre ; Les sons mélodieux de la harpe qui dort Au paisible vallon se font toujours entendre.
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Justinus Kerner : Zwei Särge -------------------------------- Zwei Särge einsam stehen in des alten Domes Hut, König Ottmar liegt in dem einen, in dem anderen der Sänger ruht. Der König saß einst mächtig hoch auf der Väter Thron, ihm liegt das Schwert in der Rechten, und auf dem Haupt die Kron. Doch neben dem stolzen König, da liegt der Sänger traut, man noch in seinen Händen die fromme Harfe schaut. Die Burgen rings zerfallen, Schlachtruf tönt durch das Land, das Schwert, das regt sich nimmer, da in des Königs Hand. Blüten und milde Lüfte wehen das Tal entlang, des Sängers Harfe tönet in ewigem Gesang.
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