Poème
Sonnet
par Pontus de TYARD
Mon âme est en vos mains heureusement étreinte Du plus gracieux noeud qu'oncq' beauté n'enlaça ; Une plus douce flèche oncques coeur ne blessa Que celle qui par vous dedans mon sang est teinte ; Plus docte poésie en votre esprit est peinte Qu'oncques sur Iélicon Apollon n'en pensa ; Un plus illustre rêts oncq' Phébus n'élança Qu'est celui dont mon coeur nourrit sa flamme empreinte, De Python, des neuf Sueurs, et des Grâces, ensemble La troupe des Vertus, en vous seule s'assemble, Et la fureur d'Amour toute en moi seul abonde. Si vous aimez autant doncq' mes affections, Comme doux m'est le joug de vos perfections, Un si vrai pair d'amour ne serait point au monde.
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De l'âme et du coeur -------------------------- L'âme, autant que le coeur, sourit dans les étreintes ; Aussi, au souvenir d'une amie qui passa Et qui dans la mémoire un long sillon traça, Ou d'astres dont, peut-être, est la lumière éteinte. Or, dans le souvenir, bien des choses sont peintes, Choses qu'on observa, choses que l'on pensa ; Les traits que Cupidon autrefois nous lança Nous procurent toujours une douleur non feinte. L'âme et le coeur sont là, dans le déclin du corps, Dont le regard, parfois, se tourne vers la mort Qui leur dit quelques mots, sans qu'ils ne lui répondent. Et l'un pour l'autre, ils sont des plus attentionnés ; Ils ont un peu d'humour, je veux le mentionner, Un modeste reflet de l'ironie du monde.
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