Poème
Solitude, ô mon éléphant
Je ne suis plus là pour personne, Ô solitude ! Ô mon destin ! Sois ma chaleur quand je frissonne, Tous mes flambeaux se sont éteints. Tous mes flambeaux se sont éteints, Je ne suis plus là pour personne Et j’ai déchiré ce matin Les cartes du jeu de maldonne. Solitude, ô mon éléphant, De ton pas de vague marine Berce-moi, je suis ton enfant, Solitude, ô mon éléphant. Couleur de cendres sarrasines, Le chagrin me cerne de près, Emmène-moi dans la forêt Dont les larmes sont de résine. Si j’évite la mort, c’est que je veux pleurer Tout ce qui me fut proche et ce qui m’a leurré. Allons dans la forêt sous la sombre mantille Que trame de tout temps la vertu des aiguilles. Je ne veux plus revoir dans l’océan du ciel La lune voyager en sa blondeur de miel, Ni sa barque en croissant me priver d’une idylle Qu’elle emporte à son bord parmi d’autres cent mille ! 1972
Commentaires (5)
Ermitage vide -------- Il a disparu, cet ermite, Repose-t-il en un tombeau ? En vain j’interroge un corbeau Dont le mutisme est sans limite. Un anachorète nouveau Viendra-t-il occuper ce site ? Sa présence serait licite, Il n’aurait guère de rivaux. Ou peut-être, une sainte femme Viendrait y abriter son âme, Car c’est un lieu de pureté. Ou bien (ce serait plus étrange) Il pourrait y venir un ange, Un être porteur de clarté.
Éléphant jaune -------- Je suis serein, placide et lent, Et comme un soleil ; je suis jaune ; Je domine toute une faune, Même les animaux volants. Tous ces sujets sont excellents,, Ils ont voulu m’offrir un trône ; Mais sans accepter cette aumône, Je leur dis que j’ai d’autres plans. Je fais des bonds de sauterelle, Je vais bien, je me sens rebelle ; Dieu, peut-être, me sauvera. Ma vigueur n’étant pas fanée, Ma terre n’est pas profanée ; Ma splendeur est mon apparat.
ô mon ailé faon !
Jaune ? attends...
euh ? éléphant rose sous les aunes ?
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