Poème
Silence !...
par Albert SAMAIN
Le silence descend en nous, Tes yeux mi-voilés sont plus doux ; Laisse mon coeur sur tes genoux. Sous ta chevelure épandue De ta robe un peu descendue Sort une blanche épaule nue. La parole a des notes d'or ; Le silence est plus doux encor, Quand les coeurs sont pleins jusqu'au bord. Il est des soirs d'amour subtil, Des soirs où l'âme, semble-t-il, Ne tient qu'à peine par un fil... Il est des heures d'agonie Où l'on rêve la mort bénie Au long d'une étreinte infinie. La lampe douce se consume ; L'âme des roses nous parfume. Le Temps bat sa petite enclume. Oh ! s'en aller sans nul retour, Oh ! s'en aller avant le jour, Les mains toutes pleines d'amour ! Oh ! s'en aller sans violence, S'évanouir sans qu'on y pense D'une suprême défaillance... Silence !... Silence !... Silence !...
Commentaires (2)
Dans l’ombre ------------- Rimailleur qui noircit des pages (Y compris celle d’aujourd’hui) Rarement son coeur introduit Dans ses chants ; ce serait peu sage. Comme à sa fenêtre un voilage, Les métaphores, jour et nuit, Protègent le sens, qui s’enfuit, Empruntant un autre passage. Par ce silence qui perdure Sont soignées d’anciennes blessures ; Le barde ne les perçoit plus. À des sentiments trop lisibles, Préfèrons la marque invisible D’un mot que personne n’a lu.
[...] ce silence qui perdure Sont soignées d’anciennes blessures ; Le barde ne les perçoit [...]
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