Poème
Ses purs ongles très-haut ...
Ses purs ongles très-haut dédiant leur onyx, L'Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore, Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix Que ne recueille pas de cinéraire amphore Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx, Aboli bibelot d'inanité sonore, (Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx Avec ce seul objet dont le Néant s'honore.) Mais proche la croisée au nord vacante, un or Agonise selon peut-être le décor Des licornes ruant du feu contre une nixe, Elle, défunte nue en le miroir, encor Que, dans l'oubli fermé par le cadre, se fixe De scintillations sitôt le septuor.
Commentaires (4)
Quoique pleins d'une musicalité spéciale, j'ai toujours trouvé qu'il est plutôt difficile à déchiffrer les œuvres de Mallarmé :)
César buvait un coup avec Panoramix ; Le vin était versé de sa meilleure amphore. Ils parlaient de potion, de serpes, de folklore, Du pas de la licorne et du vol du phénix. Sous le velum orné d'un archéoptéryx, L'entretien se poursuit, s'affine, s'élabore, Aidé par le bon vin que leur propose encore La servante que vêt le tissu des bombyx. César, admiratif devant un athanor, Voudrait le reproduire en motif de décor ; Il goûte une potion que le vieux druide mixe. Voyez ça, mes amis, ce magicien est fort ! A dit le chef romain, soudain rendu prolixe ; Regardez ! Mes cheveux ont la couleur de l'or.
[...] Le druide a su franchir l’Alchimique Montagne Malgré les grondements d’un orage soudain Qui gonfle les torrents sous les vieux ponts romains. Le voici parvenu en Grande Garabagne. [...]
L’idée a fait le plein des cendres du Phénix et dès que l’acte est pur arme le sémaphore, ajuste la lueur émanant de l’onyx et sur la halte d’eau peint une métaphore. Au centre du Narcisse à ciel ouvert : un ptyx, que la dent d’aucun mal ne rendra plus sonore, car le double, aboli, demeure au fond du Styx où, sans façons, à perdre la face il s’honore. Le tain ne rejouant que l’envers du décor : l’incarcéré du cadre autrement aime, encor qu’il ne trouve de mots qu’entre ceux de la nixe. D’elle il craint à présent la course impromptue. Or, l’amour, ou quelque étau moins douloureux, la fixe et la soumet aux coups d’archet du septuor.
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