Poème
Serment
par François COPPÉE
Ô poëte trop prompt à te laisser charmer, Si cette douce enfant devait t’être ravie Et si ce cœur en qui tout le tien se confie Ne pouvait pas pour toi frémir & s’animer ? N’importe ! ses yeux seuls ont su faire germer Dans mon âme si lasse & de tout assouvie L’amour qui rajeunit, console & purifie, Et je devrais encor la bénir & l’aimer. Heureux ou malheureux, je lui serai fidèle ; J’aimerai ma douleur, puisqu’elle viendra d’elle Qui chassa de mon sein la honte & le remord. Vierge dont les regards me tiennent sous leurs charmes, Si tu me fais pleurer, je bénirai mes larmes, Si tu me fais mourir, je bénirai la mort !
Commentaires (1)
Bénédiction conjuratoire --------- Trop séduisant démon, cesse de nous charmer ; Que par d’autres attraits soit notre âme ravie, Que de Sainte Écriture elle soit assouvie, Car nous savons par quoi ton coeur est animé. Qu’en un sol assaini le grain puisse germer, Que de tous les poisons ce sol se purifie ; Si la récolte est bonne, alors je la confie Au Fils du Charpentier, que j’ai toujours aimé. Démon, n’insiste point pour tenter les fidèles ; Nous ne pourrons jamais te prendre pour modèle, Toi qui peux menacer les esprits et les corps. Libère les humains que tu tiens sous tes charmes, Cesse de les hanter ou de boire leurs larmes ; Que chacun soit en paix à l’heure de sa mort.
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