Poème
Scepticisme
par Armand SILVESTRE
A CHARLES CANIVET Quand la mort nous fera roides et sans haleine, Squelettes tous les deux, l’un à l’autre pareils, El que, pour d’autres yeux, le penchant des soleils Roulera des flots d’or sur la mouvante plaine ; A l’heure où le berger sous son manteau de laine Se dresse, morne et droit, sur les couchants vermeils, La Nuit, nous apportant de fugitifs réveils, Nous dira le secret dont la vie était pleine. Nous apprendrons enfin quel Dieu charmait nos pleurs, Et pourquoi, sous le faix d’inutiles douleurs, Chemine vers son but l’humaine créature. Mais jusque-là marchons et souffrons sans savoir Rien, sinon que que l’Amour est l’unique devoir, Et, le front invaincu, chantons notre torture !
Commentaires (5)
Ceux sur qui, du trépas, passe la froide haleine, Et qui sont amenés à quitter leurs pareils, Ont-il le souvenir de ce brillant soleil Et des petits oiseaux picorant sur la plaine ? * Ont-ils le souvenir d'avoir, vêtus de laine, Traversé la montagne aux feuillages vermeils, D'avoir pris du café brûlant, à leur réveil, Et d'avoir bavardé sous une lune pleine ? * Ils n'ont nul souvenir, n'entendent point nos pleurs, Et n'éprouvent le chaud, le froid, ni la douleur. Nous restons après eux, nous, pauvres créatures * Ayant accumulé l'inutile savoir, Ne sachant point gérer ce pitoyable avoir, Et contents, cependant, de la douce Nature.
Autre variante : * http://tinyurl.com/cess2ru
L'inutile savoir ?
Inutile, parfois, je confirme.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2013/08/12/armand-silvestre/
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