Poème
Sancta simplicitas
par Jules LAFORGUE
Passants, m’induisez point en beautés d’aventure Mon Destin n'en saurait avoir cure; Je ne peux plus m’occuper que des Jeunes filles, Avec ou sans-parfum de famille. Pas non plus mon chez moi, ces précaires liaisons Où l'on s'aime en comptant par saisons; L'Amour dit légitime est seul solvable! car Il est sûr de demain, dans son art. Il a le Temps, qu'un grand amour toujours convie; C'est la table mise pour la vie; Quand demain n'est pas sûr, chacun se gare vite! Et même, autant en finir tout de suite. Oh! adjugés à mort! comme qui concluraient : « D'avance, tout de toi m'est sacré, « Et vieillesse à venir, et les maux hasardeux! « C'est dit! Et maintenant, à nous deux! » Vaisseaux brûlés! et, à l'horizon, nul divorce! C'est ça qui vous donne de la force! Ô mon seul débouché! - Ò mon vatout nubile! À nous nos deux vies! Voici notre île.
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