Poème
Salut
Rien, cette écume, vierge vers A ne désigner que la coupe ; Telle loin se noie une troupe De sirènes mainte à l'envers. Nous naviguons, ô mes divers Amis, moi déjà sur la poupe Vous l'avant fastueux qui coupe Le flot de foudres et d'hivers ; Une ivresse belle m'engage Sans craindre même son tangage De porter debout ce salut Solitude, récif, étoile A n'importe ce qui valut Le blanc souci de notre toile.
Commentaires (4)
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"Écrit à Paris en janvier 1893 sous le titre 'Toast', ce sonnet fut publié en tête du numéro du 15 février 1893 de 'La Plume'. Il fut ensuite placé par le poète, sous son titre nouveau, en exergue au recueil complet de ses 'Poésies' qu'il préparait, quand la mort vint brutalement l'interrompre. Recueil que l'éditeur Deman fit paraître en 1899." D'après le site unice.fr.
Mallarmé, magicien du vers, Tant pour la rime que la coupe ; Tes admirateurs, une troupe D'un peu partout dans l'univers. Tu chantes des sujets divers, La nef à l'imposante poupe Et l'horizon qui se découpe, Les noirs corbeaux dans les hivers ; Quiconque à te lire s'engage Se trouve pris dans le tangage Et le roulis ; point de salut. Mais remercie ta bonne étoile : Ton écriture te valut De figurer sur cette Toile.
Araignée de Mallarmé ------------ Dans son exosquelette vert, Elle boit à d’étranges coupes ; Des insectes la vive troupe, Tels sont ses aliments divers. Qui trouverait cela pervers ? D’autres vont manger de la soupe Ou l’entrecôte qu’ils découpent, Ainsi les nourrit l’univers. Chaque animal a son langage, Chacun dans son chemin s’engage Vers sa perte ou vers son salut. Belle araignée, sous les étoiles, Ce bref éloge tu as lu, Ton rire fait frémir ta toile.
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