Poème
Salomé
Pour que sourie encore une fois Jean-Baptiste Sire je danserais mieux que les séraphins Ma mère dites-moi pourquoi vous êtes triste En robe de comtesse à côté du Dauphin Mon coeur battait battait très fort à sa parole Quand je dansais dans le fenouil en écoutant Et je brodais des lys sur une banderole Destinée à flotter au bout de son bâton Et pour qui voulez-vous qu'à présent je la brode Son bâton refleurit sur les bors du Jourdain Et tous les lys quand vos soldats ô roi Hérode L'emmenèrent se sont flétris dans mon jardin Venez tous avec moi là-bas sous les quinconces Ne pleure pas ô joli fou du roi Prends cette tête au lieu de ta marotte et danse N'y touchez pas son front ma mère est déjà froid Sire marchez devant trabants marchez derrière Nous creuserons un trou et l'y enterrerons Nous planterons des fleurs et danserons en rond Jusqu'à l'heure où j'aurai perdu ma jarretière Le roi sa tabatière L'infante son rosaire Le curé son bréviaire
Commentaires (2)
Dans l'édition NRF de 1966 , dans le 1er vers du 2ème quatrain, le verbe battait n'est pas répété...Evidemment, on obtient alors un décasyllabe au lieu d'un alexandrin.Où est l'erreur?
Acceptant le plateau, Salomé, stupéfaite, Dans les yeux du défunt plonge ses tristes yeux, N'ayant jamais pensé qu'on prendrait au sérieux La demande insensée qu'au monarque elle a faite. D'une voix repentante, elle parle au prophète Et tâche de lui dire un mot affectueux, Sans employer, pourtant, d'accents voluptueux ; Autour d'elle on entend les échos de la fête. Entonnez un cantique, a demandé le roi, Et puisque le prophète a péri sans effroi, Prenez soin de son âme, auguste Providence. Les traits du vagabond qui allait baptisant Sont gravés, pour toujours, au marbre d'un gisant Qui du vieux souverain orne la résidence.
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