Poème
Saisons
Le temps a dissipé la blonde silhouette De mes châteaux de sable aux créneaux sans danger. De ces châteaux d'enfant j'étais la girouette Quand je ne savais pas que le temps peut changer. Mais s'il peut te changer, me changer et me prendre Ma jeunesse d'hier et notre heure aujourd'hui, Il n'empêchera pas les saisons de nous rendre L'iris et l'anémone et le mille-pertuis, La jonquille au printemps, l'automne en chrysanthème, La rose de toujours, la tubéreuse blême, La sauge en plein été, l'ellébore en hiver, L'étoile clématite en la nuit qui se sauve, La glycine de mai dont les larmes sont mauves Et ce qui se défeuille et ce qui reste vert.
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Splendeur des châteaux ------------------------ Château de gueules, lourd comme un massif squelette ! Vos murs sont, néanmoins, finement ouvragés. Vos voisins de sinople, au mépris du danger, Se tiennent contre vous, à portée d'arbalète. En inframonde existe une grotte secrète Où le château d'azur est peuplé d'étrangers Qui ont pris pour seigneur un baron dérangé : Pleines de fantaisie sont les lois qu'il décrète, Sur le cas où, dans l'ombre, un robinet se sauve ; Sur la jurispridence issue du cahier mauve ; Sur ce qui se défeuille et ce qui reste vert ; Sur l'inauguration des nouveaux chrysanthèmes ; Sur le radieux soleil et sur la lune blême ; Et, le plus important, comment boire en hiver.
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