Poème
Sainte
A la fenêtre recélant Le santal vieux qui se dédore De sa viole étincelant Jadis avec flûte ou mandore, Est la Sainte pâle, étalant Le livre vieux qui se déplie Du Magnificat ruisselant Jadis selon vêpre et complie : A ce vitrage d'ostensoir Que frôle une harpe par l'Ange Formée avec son vol du soir Pour la délicate phalange Du doigt, que, sans le vieux santal Ni le vieux livre, elle balance Sur le plumage instrumental, Musicienne du silence.
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Sainte Justine ------------------ Dans la terre d’Ombrie, qui en saintes abonde, Justine est la plus sage, et la plus droite, aussi ; Frère François disait, en la voyant ainsi, Qu’il suivrait volontiers cette âme vagabonde. Noé, qui méditait en sa nef, sur les ondes, L’apercevait parfois,dans un rêve indécis ; Car le Vieux Testament nous en fit le récit, Ce beau livre narrant les débuts de ce monde. François, sur les chemins avec elle marchant, N’a jamais regretté de n’être pas marchand Comme l’y disposait sa lignée paternelle. Il fut reconnaissant d’avoir été donné Pour maître à cette dame au coeur bien ordonné Qui mettait du bonheur dans son âme éternelle.
Sainte Florence ------------ Dieu se souvient de toi, Florence au teint de rose, Toi qui si fréquemment as surmonté le mal ; Il peut voir que ton âme est une fleur éclose Malgré le ciel obscur et le froid hivernal. Tu connais l’Écriture et les savantes gloses, Celles que mit en oeuvre un esprit monacal ; Tu connais l’Adversaire et ses métamorphoses Et les moindres recoins du domaine infernal. Tu n’as jamais commis le péché de luxure, Ni laissé triompher le diable tentateur ; Nous reconnaissons là ta vaillante nature. Lorsque redescendra le Fils consolateur, Il t’accompagnera, sans te laisser seulette, Vers un jardin magique où les anges volettent.
Saint Papegault ---------- Je suis un bel oiseau parlant, Plusieurs saintes femmes m’adorent ; Grâce à mon verbe étincelant Je surpasse Saint Isidore. Je suis un fabuleux galant Qui de grands discours élabore ; Je suis un séducteur volant Qui son joli plumage arbore. Je brille comme un ostensoir Qu’au peuple montrerait un ange ; Je suis le frais soleil du soir. Je dors avec Sainte Chantal Pour qui cela n’a rien d’étrange ; Je me montre sentimental.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2024/04/19/saint-papegault/
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