Poème
Renoncement
Loin des villes, des quais, des marchands et des grèves, Mon vaisseau revenu des plus lointains climats, Pour que rien ne se mêle aux songes de ses mâts, S’isole dans la mer qui respecte ses rêves. Aucune cargaison n’en a rempli les bords, Il n’a jamais connu le feu des abordages Et met tout son orgueil à laisser ses cordages Reposer sur le pont comme des serpents morts ! Mon navire inutile et superbe sommeille, Sans que jamais pour un trafic il appareille Vers quelque port lointain entrevu dans le soir. Et seul, sans matelots, ayant cargué ses voiles, Il dérive au milieu d’un mirage d’étoiles Dans une mer propice à son grand nonchaloir !
Commentaires (1)
Nef à la dérive ---------- La vague se soulève et le nuage crève, Qui depuis ce matin au ponant se forma ; Entends battre la voile, entend craquer le mât, Neptune de ses coups nous harcèle sans trêve. Ce voyage, au départ, était comme un beau rêve, Mais de mauvais desseins l’océan s’anima ; Trompeuse avait été la douceur du climat, Il aurait mieux valu ne point quitter la grève. Nous étions bien peinards, buvant sous une treille, Admirant la serveuse et ses lèvres vermeilles ; En l’aimable taverne il faisait bon s’asseoir. Mais la noire bourrasque a déchiré les voiles, J’entends hurler le vent, le ciel n’a pas d’étoiles, Les requins nous auront pour leur repas du soir.
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