Poème
Que serais-je sans toi ?
par Louis ARAGON
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi que ce balbutiement. J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux Tu m'as pris par la main comme un amant heureux. Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi que ce balbutiement. Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue Une corde brisée aux doigts du guitariste Et pourtant je vous dis que le bonheur existe Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues. Terre, terre, voici ses rades inconnues. Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Commentaires (14)
tellement mimi
peut être "mimi" mais surement l'un des plus beaux poèmes d'amour pour toutes les générations !!!!!
jadooooore
Ce poème est sublime, très beau, d'un génie assez rare : Simplicité et merveille dans un même travail.
Que dire de plus ? une merveille
Ce texte n'est pas un poème d'Aragon ! C'est seulement le texte d'une chanson de Jean Ferrat constitué à partir de la "Prose du bonheur et d'Elsa", un long poème qui clos le 'Roman inachevé'. Ferrat en a pioché 2 des nombreuses strophes et a utilisé 4 vers (dans le désordre !) d'une autre pour faire un refrain. Voilà cette strophe : J'étais celui qui sait seulement être contre Celui qui sur le noir parie à tout moment Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre Que cette heure arrêtée au cadran de la montre Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant Que serais-je sans toi que ce balbutiement
"qui clôt", pardon... En voilà une version à peu près correcte et complète, je pense : http://neverlandsticket.blogspot.fr/2011/10/aragon-le-roman-inacheve.html
Merveille 3
[...] Donne-moi tes mains ; Cantique à Elsa ; La Rose et le réséda ; Il n’y a pas d’amour heureux ; Aimer à perdre la raison ; Elsa au miroir ; Que serais-je sans toi [...]
Ne manque-t-il pas la première strophe ? "j'etais celui qui sait seulement être contre..."
L'amant vieillissant (cette année nous fêtons nos 50 ans de mariage) réentend ce texte en y ajoutant une petite lettre, un rien du tout dans un mot: "Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être dieu". Car il n'y a pas trente six amours, il y a un seul amour, La Source! Y remonter, tel le saumon qui retrouve sa rivière d'enfantement, c'est chanter joyeusement l'éternité de la vie renouvelée par l'abandon.
Les poèmes d'amour d'Aragon ne manquent pas Ferrat est loin de les avoir tous mis en musique dommage !! Aragon inspiré par Elsa est le grand poète "classique" du sentiment amoureux ressenti en ce domains il surclasse le grand Hugo , le savoir-faire de Baudelaire et la musicalité de Verlaine.
Il manque la deuxième strophe que j'ajoute: J'ai tout appris de toi sur les choses humaines Et j'ai vu désormais le monde à ta façon J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines Comme au passant qui chante on reprend sa chanson J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson
quelqu'un peut-il me donner la date d'écriture de ce poème?