Poème
Prospero, tu es un gentil illusionniste
par Aimé CÉSAIRE
Prospero, tu es un gentil illusionniste le mensonge, ça te connait Et tu m’as tellement menti, menti sur le monde, menti sur moi-même, que tu as fini par m’imposer une image de moi-même : un sous-développé, comme tu dis un sous-capable, voilà comment tu m’as obligé à me voir, et cette image, je la hais ! Et elle est fausse ! Mais maintenant, je te connais, vieux cancer, et je me connais aussi Et je sais qu’un jour mon poing nu, mon seul poing nu suffira pour écraser ton monde ! Le vieux monde foi
Connecte-toi pour laisser un commentaire.