Poème
Préface d'un livre patriotique
par François COPPÉE
Quoi ? Toujours l’éternel regret ! Toujours l’Alsace et la Lorraine ! Mais la perte est déjà lointaine ; Un peuple pratique oublierait. N’avez-vous pas l’instinct secret Que ce serait la paix certaine, Si nous abjurions notre haine, Et qu’enfin l’on désarmerait ? Quand un arbre perd une branche, En meurt-il ? Nos cris de revanche Gênent l’Europe et lui font peur. Ce chant de guerre qu’on entonne, C’est importun, c’est monotone... ― Soit ! Seulement, c’est notre honneur.
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