Poème
Peinture de Dieu
par François-René de CHATEAUBRIAND
(tirée de l'Écriture) Savez-vous, ô pécheur ! quel est ce Dieu jaloux Quand l'œuvre de l'impie allume son courroux ? Sur un char foudroyant il roule dans l'espace ; La Mort et le Démon volent devant sa face ; Les trois cieux, dont il fait trembler l'immensité, S'abaissent sous les pas de son éternité ; Le soleil pâlissant et la lune sanglante Marchent à la lueur de sa lance brûlante ; Des gouffres de l'enfer il fait sortir la nuit Il parle, tout se tait ; la mer le voit, et fuit, Et l'Abîme, du fond des vagues tourmentées, Lève en criant vers lui ses mains épouvantées. Au crime couronné ce Dieu redit : « Malheur ! » Et c'est le même Dieu qui bénit la douleur ! Paris, 1810.
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Sagesse du théosaure -------- Ce dieu pluridimensionnel S'abreuve d'assez bonne bière ; Il aime bien la tavernière, Mais n'a point de désir charnel. Ce cousin du Père éternel Est un vrai chercheur de lumière ; Il est en terre familière Dans le désordre originel. Accomplit-il les Écritures ? Non, ce n'est point dans sa nature ; Car il préfère attendre et voir. Les Chérubins qui l'ont vu naître Auraient voulu l'avoir pour Maître ; Il ne désire aucun pouvoir.
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