Poème
Paysage mauvais
par Tristan CORBIERE
Sables de vieux os – Le flot râle Des glas : crevant bruit sur bruit... – Palud pâle, où la lune avale De gros vers, pour passer la nuit. – Calme de peste, où la fièvre Cuit... Le follet damné languit. – Herbe puante où le lièvre Est un sorcier poltron qui fuit. – La Lavandière blanche étale Des trépassés le linge sale, Au soleil des loups... – Les crapauds, Petits chantres mélancoliques Empoisonnent de leurs coliques, Les champignons, leurs escabeaux. Marais de Guérande. – Avril.
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Hérisson devenu vicomte ------------------------- Portant couronne vicomtale, Il parcourt sa terre, sans bruit ; Sa pensée, que la lune avale, Éclaire une hivernale nuit. Il voit la sorcière amicale Dont la potion au chaudron cuit ; Il reçoit la lettre ducale Lui rappelant le temps qui fuit. Jamais sa fortune il n’étale, Ça serait des manières sales ; Ses coffres-forts sont des tombeaux. Vicomte un peu mélancolique, Il dicte ces vers bucoliques, Ayant pour trône un escabeau.
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2017/12/28/herisson-devenu-vicomte/
Monstre hivernal ------------- Créature bancale, Je marche dans la nuit ; Une lune amicale Sur mon errance luit. Pour guetter la vestale Je reste auprès du puits ; Dans l’ombre je m’installe, Un arbre est mon appui. Or, Cupidon délaisse Les gens de mon espèce ; J’irai vierge au tombeau. Je resterai pudique Au moment fatidique, J’éteindrai mon flambeau.
* * ---- De la distinction Dans cette extinction.
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