Poème
Paysage français
par Paul CLAUDEL
La rivière sans se dépêcher Arrive au fond de la vallée Assez large pour qu’un pont La traverse d’un seul bond Le clocher par-dessus la ville Annonce une heure tranquille Le dîner sera bientôt prêt Tout le monde l’attend, au frais, On entend les gens qui causent Les jardins sont pleins de roses Le rose propage et propose L’ombre rouge à l’ombre rose La campagne fait le pain La colline fait le vin C’est une sainte besogne Le vin, c’est le vin de Bourgogne! Le citoyen fort et farouche Porte son verre à sa bouche Mais la poule pousse affairée Sa poulaille au poulailler Tout le monde a fait son devoir En voilà jusqu’à ce soir. Le soleil dit: Il est midi.
Commentaires (3)
Fleuve parfois tari qui dans l'Histoire plonge, Ayant la majesté, le calme d'un gisant, Comme un miroir obscur pour les jours du présent ; Et du sable au milieu, où l'avenir s'éponge. Au long de ton pays ton rivage s'allonge, Où viennent méditer les humbles paysans Et l'âme des seigneurs devenus vers luisants, Qu'un tourment d'autrefois toujours harcèle et ronge. Je vois l'eau qui avance en descendant des monts Et ne remonte point comme font les saumons, Mais quand elle est en mer, cette eau qui s'évapore Revient vers les sommets, à la force du vent Et se fait source pure, et ruisseau, comme avant, Et le fleuve en lui-même à nouveau s'incorpore.
zaoubabi
Impraticable pont ------------------ Il fut mal fait, votre boulot, Pontonniers des lointains parages ; Contemplant un pareil ouvrage, On voudrait se jeter à l’eau. Indifférent s’en va le flot Vers une mer aux blanches plages ; Sur le vieux chemin de halage Cheminent piétons et vélos. Le constructeur a répondu : « J’ai fait cela, bien entendu, Pour divertir les libellules ». Dit-il cela pour se moquer ? Il montre un art de provoquer, Cela n’est pas si ridicule.
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