Poème
Ornières
par Arthur RIMBAUD
À droite l’aube d’été éveille les feuilles et les vapeurs et les bruits de ce coin du parc, et les talus de gauche tiennent dans leur ombre violette les mille rapides ornières de la route humide. Défilé de féeries. En effet : des chars chargés d’animaux de bois doré, de mâts et de toiles bariolées, au grand galop de vingt chevaux de cirque tachetés, et les enfants et les hommes sur leurs bêtes les plus étonnantes ; — vingt véhicules, bossés, pavoisés et fleuris comme des carrosses anciens ou de contes, pleins d’enfants attifés pour une pastorale suburbaine ; — Même des cercueils sous leur dais de nuit dressant les panaches d’ébène, filant au trot des grandes juments bleues et noires.
Commentaires (4)
Au point du jour --------- La terrasse de l'Est, avec ses marronniers, Baigne dans les lueurs de l'aurore hivernale ; Les herbages de l'Ouest, aux ombres sépulcrales, De rosée du matin, bientôt, vont communier. On entend galoper les rongeurs au grenier ; Au lointain retentit la cloche monacale Ouvrant cette journée aux autres bien égale, Un jour comme les jours, sans rien de buissonnier. Millions de voyageurs partant vers les bureaux Dans des wagons chargés comme des tombereaux Qui roulent posément sous les façades grises. Des rêves par millions volent au gré du vent, Invisible troupeau lentement dérivant ; Ce vent n'est pas bien fort, c'est à peine une brise.
[...] fourmis parcourant le tronc du marronnier Suivent obstinément leur route verticale. C’est trop tôt dans l’année pour trouver [...]
merci pour le lien :)
Voir https://paysdepoesie.wordpress.com/2014/02/13/au-point-du-jour/
Connecte-toi pour laisser un commentaire.