Poème
Oh ! par nos vils plaisirs…
par Victor HUGO
Oh ! par nos vils plaisirs, nos appétits, nos fanges, Que de fois nous devons vous attrister, archanges ! C’est vraiment une chose amère de songer Qu’en ce monde où l’esprit n’est qu’un morne étranger Où la volupté rit, jeune, et si décrépite ! Où dans les lits profonds l’aile d’en bas palpite, Quand, pâmé, dans un nimbe ou bien dans un éclair, On tend sa bouche ardente aux coupes de la chair, À l’heure où l’on s’enivre aux lèvres d’une femme, De ce qu’on croit l’amour, de ce qu’on prend pour l’âme, Sang du cœur, vin des sens âcre et délicieux, On fait rougir là-haut quelque passant des cieux ! Juin 1855.
Commentaires (2)
Hugo s'y connaissait dans ce domaine... Et avec une belle longévité, dit-on. :-)
Car ce n'était pas un poète maudit -
Connecte-toi pour laisser un commentaire.